Pour bien des gens, la réduction de la taille de l'État demeure incontournable, compte tenu du déficit budgétaire du Québec. Et même si une majorité d'entre eux ne sont pas prêts à renoncer aux programmes et aux services publics, rares sont celles et ceux qui oseront dénoncer ouvertement les politiques de « réingénierie » du gouvernement Charest, surtout si on leur promet de réduire leurs impôts.
Une « réingénierie » qui vise des changements en profondeur
Pourtant, la « réingénierie » de l'État, amorcée par le gouvernement Charest au lendemain de son élection, opère des changements en profondeur dans la société québécoise. Elle en nie les principes de développement, elle menace l'équilibre des forces et allège les poches des contribuables.
Depuis les années 60, le modèle québécois a favorisé la croissance de la société québécoise. Mû par des principes d'équité et de justice sociale, ce modèle a guidé l'élaboration et l'application de politiques publiques respectueuses des droits et des libertés collectives. Il a assuré, entre autres, la croissance économique, la mise en oeuvre de politiques de logement social, l'universalité de l'accès à l'éducation, le respect de normes environnementales, la gratuité des soins de santé et la sauvegarde de la langue française au sein de notre collectivité fragilisée par la proximité du géant américain.
Retrouver la voie du développement collectif
Bien sûr, les syndicats sont les premiers à l'admettre : le modèle québécois n'est pas parfait. Mais ses imperfections ne justifient pas sa transformation en un État d'affaires. Il vaudrait mieux, au contraire, que nos gouvernements s'appuient sur des principes de l'État de droit pour retrouver la voie de notre développement collectif. Les grands enjeux sociaux dont se préoccupe à juste titre la population du Québec, ceux relatifs aux biotechnologies (OGM), à la génétique ou aux technologies de l'information par exemple, commandent l'élaboration de règles collectives destinées à protéger les droits et libertés fondamentales des Québécoises et des Québécois.







